samedi 10 mai 2008
vendredi 9 mai 2008
Sainte Jehanne
Portrait de Jeanne d'Arc, XVe siècle, miniature sur parchemin. Musée de l'histoire de France, Archives nationales, Paris.Lettre de Jeanne d'Arc aux Anglais - 22 mars 1429
† JHESUS MARIA †
"Roy d'Angleterre, et vous, duc de Bedfort, qui vous dictes régent le royaume de France ; vous Guillaume de la Poule, conte de Sulfork ; Jehan, sire de Talebot; et vous, Thomas, sire d'Escales, qui vous dictes lieutenant dudit duc de Bedfort, faictes raison au roy du ciel ; rendez à la Pucelle qui est cy envoiée de par Dieu, le Roy du ciel, les clefs de toutes les bonnes villes que vous avez prises et violées en France. Elle est ci venue de par Dieu pour réclamer le sanc royal. Elle est toute preste de faire paix , se vous lui voulez faire raison, par ainsi que France vous mectrés jus, et paierez ce que vous l'avez tenu. Et entre vous, archiers, compaignons de guerre, gentilz et autres qui estes devant la ville d'Orléans, alez vous ent en vostre païs, de par Dieu ; et ainsi ne le faictes, attendez les nouvelles de la Pucelle qui ira vous voir briefement à vos bien grand domaiges. Roy d'Angleterre, se ainsi ne le faictes, je suis chief de guerre, et en quelque lieu que je actaindray vos gens en France, je les en ferai aler, veuillent on non veuillent, et si ne vuellent obéir, je les ferai tous occire. Je suis cy envoiée de par Dieu, le Roy du ciel, corps pour corps, pour vous bouter hors de toute France. Et si vuellent obéir, je les prandray à mercy. Et n'aiez point en vostre oppinion, quar vous ne tendrez point le royaume de France, Dieu, le Roy du ciel, filz sainte Marie ; ainz le tendra le roy Charles, vrai héritier ; car Dieu le Roy du ciel, le veult, et lui est révélé par la Pucelle, lequel entrera à Paris à bonne compagnie. Se ne voulez croire les nouvelles de par Dieu et la Pucelle, en quelque lieu que vous trouverons, nous ferrons dedens et y ferons ung si grant hahay, que encore a-il mil ans, que en France ne fu si grant, se vous ne faictes raison. Et croyez fermement que le Roy du ciel envoiera plus de force à la Pucelle, que vous ne lui sariez mener de tous assaulx, à elle et à ses bonnes gens d'armes; et aux horions verra-on qui ara meilleur droit de Dieu du ciel. Vous, duc de Bedfort, la Pucelle vous prie et vous requiert que vous ne vous faictes mie détruire. Si vous lui faictes raison, encore pourrez venir en sa compaignie, l'où que les Franchois feront le plus bel fait que oncques fut fait pour la chrestienté. Et faictes response se vous voulez faire paix en la cité d'Orléans; et se ainsi ne le faictes, de vos bien grans dommages vous souviengne briefment.
Escript ce mardi sepmaine saincte."
jeudi 8 mai 2008
Ballade des dames de temps jadis

de François Villon (1431 - 1463 ?)
DICTES moy où, n’en quel pays,
Est Flora, la belle Rommaine ;
Archipiada, ne Thaïs,
Qui fut sa cousine germaine ;
Echo, parlant quand bruyt on maine
Dessus riviere ou sus estan,
Qui beaulté ot trop plus qu’humaine ?
Mais où sont les neiges d’antan !
Où est la tres sage Helloïs,
Pour qui fut chastré et puis moyne
Pierre Esbaillart à Saint-Denis ?
Pour son amour ot cest essoyne.
Semblablement, où est la royne
Qui commanda que Buridan
Fust gecté en ung sac en Saine ?
Mais où sont les neiges d’antan !
La royne Blanche comme lis,
Qui chantoit à voix de seraine ;
Berte au grant pié, Bietris, Allis ;
Haremburgis qui tint le Maine,
Et Jehanne, la bonne Lorraine,
Qu’Englois brulerent à Rouan ;
Où sont elles, Vierge souvraine ? …
Mais où sont les neiges d’antan !
ENVOI
DICTES moy où, n’en quel pays,
Est Flora, la belle Rommaine ;
Archipiada, ne Thaïs,
Qui fut sa cousine germaine ;
Echo, parlant quand bruyt on maine
Dessus riviere ou sus estan,
Qui beaulté ot trop plus qu’humaine ?
Mais où sont les neiges d’antan !
Où est la tres sage Helloïs,
Pour qui fut chastré et puis moyne
Pierre Esbaillart à Saint-Denis ?
Pour son amour ot cest essoyne.
Semblablement, où est la royne
Qui commanda que Buridan
Fust gecté en ung sac en Saine ?
Mais où sont les neiges d’antan !
La royne Blanche comme lis,
Qui chantoit à voix de seraine ;
Berte au grant pié, Bietris, Allis ;
Haremburgis qui tint le Maine,
Et Jehanne, la bonne Lorraine,
Qu’Englois brulerent à Rouan ;
Où sont elles, Vierge souvraine ? …
Mais où sont les neiges d’antan !
ENVOI
Prince, n’enquerez de sepmaine
Où elles sont, ne de cest an,
Que ce reffrain ne vous remaine :
Mais où sont les neiges d’antan !
Où elles sont, ne de cest an,
Que ce reffrain ne vous remaine :
Mais où sont les neiges d’antan !
Hymne à la France (actuellement sur Radio Phares Jaunes)
poème de Henri-Auguste Barbier
Ô belle France, ô noble enfant du ciel !
Chère patrie, ô tendre et bonne mère,
Ô belle France, ô noble enfant du ciel !
Chère patrie, ô tendre et bonne mère,
Toi qui n’as point ta pareille sur terre,
Et dont le nom est plus doux que le miel,
Jusqu’au moment où doit fuir l’existence,
Sois notre amour et l’objet de nos chants !
Répétons tous en chœur ces mots touchants :
Dieu protège la France !
Du plus beau lys l’éclatante blancheur
Dieu protège la France !
Du plus beau lys l’éclatante blancheur
N’égale pas celle de ta figure.
À pleines mains sur ton front la nature
A répandu la grâce et la fraîcheur.
Dans tes yeux bleus brille l’intelligence,
Et la gaîté de ses rubis en feux,
Divin bandeau, couronne tes cheveux.
Dieu protège la France !
Dieu t’a donné la gloire des combats,
Dieu protège la France !
Dieu t’a donné la gloire des combats,
Dieu t’a donné la palme des batailles,
Et le sang pur de tes chaudes entrailles
Incessamment enfante des soldats.
Ton cœur ardent est sensible à l’offense,
Au noir courroux prêt à s’abandonner.
Il est aussi prêt à tout pardonner.
Dieu protège la France !
Et toi, grand Dieu, toi, qui du haut des cieux,
Dieu protège la France !
Et toi, grand Dieu, toi, qui du haut des cieux,
De l’univers tiens en main la fortune,
Sur ton enfant, notre mère commune,
Avec amour daigne jeter les yeux !
Dans l’avenir fais toujours qu’elle avance,
Grande parmi les grandes nations,
Et qu’à genoux toujours nous répétions :
Dieu protège la France !
Dieu protège la France !
La Turquie en Europe? La réponse du Roi :
« Le Roi danse » (2000) :
« Marche pour la Cérémonie turque » de Lully,
pour « Le Bourgeois Gentilhomme » de Molière.
mercredi 7 mai 2008
Joachim DU BELLAY (1522-1560)
France, mère des arts, des armes et des lois,
Tu m'as nourri longtemps du lait de ta mamelle :
Ores, comme un agneau qui sa nourrice appelle,
Je remplis de ton nom les antres et les bois.
Si tu m'as pour enfant avoué quelquefois,
Que ne me réponds-tu maintenant, ô cruelle ?
France, France, réponds à ma triste querelle.
Mais nul, sinon Écho, ne répond à ma voix.
Entre les loups cruels j'erre parmi la plaine,
Je sens venir l'hiver, de qui la froide haleine
D'une tremblante horreur fait hérisser ma peau.
Las, tes autres agneaux n'ont faute de pâture,
Ils ne craignent le loup, le vent ni la froidure :
Si ne suis-je pourtant le pire du troupeau.
(Phares Jaunes remercie Zazie pour sa contribution)
Forces Françaises Libres
« . . . un groupe d'hommes déterminés à sauvegarder l'honneur et l'esprit de la France ; la croix de Lorraine sera leur symbole. »
"Freddie" - jeune chasseur, Commandos de France/Bataillon de Choc ; mort pour la France à l'âge de 21 ans, le 30 avril 1945 en Allemagne. Médaille des Évadés, médaille du Combattant volontaire, Croix de guerre avec palme et deux étoiles, médaille de la Libération.
"Freddie" - jeune chasseur, Commandos de France/Bataillon de Choc ; mort pour la France à l'âge de 21 ans, le 30 avril 1945 en Allemagne. Médaille des Évadés, médaille du Combattant volontaire, Croix de guerre avec palme et deux étoiles, médaille de la Libération.
mardi 6 mai 2008
lundi 5 mai 2008
Gaspard (actuellement sur Radio Phares Jaunes)
PAUL VERLAINE(1844-1896)
portrait de Gustave Courbet
« Gaspard Hauser chante : »
Je suis venu, calme orphelin
Riche de mes seuls yeux tranquilles,
Vers les hommes des grandes villes :
Ils ne m'ont pas trouvé malin.
Riche de mes seuls yeux tranquilles,
Vers les hommes des grandes villes :
Ils ne m'ont pas trouvé malin.
A vingt ans un trouble nouveau,
Sous le nom d'amoureuses flammes,
M'a fait trouver belles les femmes :
Elles ne m'ont pas trouvé beau.
Sous le nom d'amoureuses flammes,
M'a fait trouver belles les femmes :
Elles ne m'ont pas trouvé beau.
Bien que sans patrie et sans roi
Et très brave ne l'étant guère,
J'ai voulu mourir à la guerre :
La mort n'a pas voulu de moi.
Et très brave ne l'étant guère,
J'ai voulu mourir à la guerre :
La mort n'a pas voulu de moi.
Suis-je né trop tôt ou trop tard ?
Qu'est-ce que je fais en ce monde ?
Ô vous tous, ma peine est profonde :
Priez pour le pauvre Gaspard.
Ô vous tous, ma peine est profonde :
Priez pour le pauvre Gaspard.
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