mercredi 7 mai 2008

Joachim DU BELLAY (1522-1560)

enluminure de Benoît Billion

France, mère des arts, des armes et des lois,
Tu m'as nourri longtemps du lait de ta mamelle :
Ores, comme un agneau qui sa nourrice appelle,
Je remplis de ton nom les antres et les bois.

Si tu m'as pour enfant avoué quelquefois,
Que ne me réponds-tu maintenant, ô cruelle ?
France, France, réponds à ma triste querelle.
Mais nul, sinon Écho, ne répond à ma voix.

Entre les loups cruels j'erre parmi la plaine,
Je sens venir l'hiver, de qui la froide haleine
D'une tremblante horreur fait hérisser ma peau.

Las, tes autres agneaux n'ont faute de pâture,
Ils ne craignent le loup, le vent ni la froidure :
Si ne suis-je pourtant le pire du troupeau.

(Phares Jaunes remercie Zazie pour sa contribution)

6 commentaires:

zazie a dit…

Rassurez-vous, j'avais vu du Bellay tout de suite, car je fais un tour chez vous tous les jours!
J'aimmerais bien que d'autres apportent une contribution fondée sur les oeuvres (et souvenirs!) qu'ils chérissent...En attendant, je vais vous envoyer bientôt une photo par mail, un peu comme un clin d'oeil!

Phares Jaunes a dit…

Merci, Zazie! Et vos contributions sont toujours appréciées. Même si je ne les affiche pas tout de suite, je les garde dans mes "archives".

tiberge a dit…

I did not do research so I'll ask. What happened to the poet that he feels so abandoned? Was he away from France? Or did something happen within the country to make him feel that suddenly France had become cruel? He feels the "winter" coming on. Is that just age or a political upheaval?

After du Bellay France went on to greater things - the 17th century and the apogee of the monarchy. So it certainly wasn't the "winter." Maybe he was just unhappy?

Phares Jaunes a dit…

Well, he was stuck in Rome working for a kinsman who was a cardinal, so perhaps it refers to this which was not a happy time, though I think it has greater meaning for us today. Perhaps a scholar would have more insight.

Yes, with Ronsard and the Pléiade, he helped to build a greater France by enriching the language, instead of relying so much on Latin to express himself.

Benoit Billion a dit…

je suis l'auteur de l'image que vous avez poster sur votre site en illustration ! merci dans ce cas la de mettre le lien de provenance et mon nom

cordialement

Benoit Billion enlumineur

Phares Jaunes a dit…

@ Benoît Billion

Nous vous demandons votre pardon, Monsieur Billion ! Je ne me souviens pas exactement sur quel site on avait trouvé ce magnifique portrait, mais j'ai trouvé maintenant votre site et j'espère que le lien que nous avons ajouté vous suffira. Nous vous remercions pour votre octroi de permission d'usage.

Très cordialement,
Phares Jaunes